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Interview de Patrick Volto, comédien

Bonjour Patrick, nous sous sommes rencontrés en 2007, pour le rôle principal du film San Parano. Est-ce que tu peux nous résumer ton parcours depuis ?

Patrick Volto : San Parano a été tourné dans le cadre d’une soirée Kino session. Ce film a été très important pour moi car il m’a permis de rentrer dans le monde de Kino Session Bordeaux. Kino Session est un laboratoire, une source de motivation et le moyen de montrer son savoir faire à un public nombreux et enthousiaste.

A ce jour j’ai tourné 11 kinos. Le dernier  « Top Cops 3 » est une réussite et me tient particulièrement à cœur pour plusieurs raisons mais surtout parce que sur un même générique se trouvent réunis de nombreux talents de labels différents produisant des Kinos.

J’ai créé des liens très forts avec des comédiens et des techniciens. J’ai suivi l’évolution de certains réalisateurs qui ont produit leur film en dehors des Sessions et m’ont proposé des les accompagner.

C’est le cas avec vous avec « Little great moments » ou encore Frederick Diot avec « The toast » ou « Prypiat ».

J’ai eu le plaisir aussi de travailler avec Paul Jaeger à la préparation des comédiens du très attendu « Back ».

J’ai tourné 2 longs métrages avec des rôles importants, j’ai eu des rôles intéressants dans des séries télé. Je reste fidèle à des réalisateurs qui savent que j’accepte les yeux fermés de jouer pour eux parce que j’admire leur travail.

Au niveau théâtral j’ai peu joué (3 pièces)  et j’ai mis en scène 2 pièces dont l’une s’est jouée à Tokyo. Le théâtre en tant que comédien me manque de plus en plus.

Chez Terria, nous apprécions ta générosité d’acteur et sommes sensibles à la manière dont tu t’investis dans un personnage. Jouer te fait plaisir, c’est très visible sur un plateau. Mais toi, comment te sens-tu sur un tournage ? Qu’attends-tu d’un réalisateur ? Et comment reçois-tu les films, une fois qu’ils sont projetés ? 

Patrick : Je travaille beaucoup les personnages que l’on me confie. J’arrive avec des propositions de jeu assez avancées sur un tournage. Le dernier mot est au réalisateur de toute façon. J’aime avoir les scénarios très en avance pour faire tout ce travail de préparation. Je trouve de plus en plus intéressant d’avoir des répétions avant tournage. Ça permet de gagner beaucoup de temps ensuite. Quand tout le monde est prêt le rythme est plus rapide et le plaisir est plus grand pour tout le monde.

J’ai beaucoup de plaisir à tourner mais j’aime particulièrement l’ambiance de tournage. Je crois que quand on est choisi ce n’est pas forcément qu’une question de talent. Du talent il y en a partout mais le choix pour un réalisateur c’est aussi l’assurance de faire des choses avec des gens qu’il aime bien et donc de s’assurer que ce travail sera aussi un plaisir.

Je suis très concentré sur un tournage, je flippe pas mal parce que je connais les enjeux et je suis perfectionniste. Avec de la préparation ça doit de toute façon bien se passer.

J’attends d’un réalisateur qu’il soit exigeant. Par contre j’ai beaucoup de mal avec mon image. Je ne perçois rien lors des premières projections, je suis fermé même en faisant des efforts. Je me rends vraiment compte du résultat  grâce aux retours du public.  Je sais surtout que le talent du réalisateur  y est pour beaucoup. Ce n’est pas de la fausse modestie. Quand ça marche c’est un travail technique autant qu’artistique, c’est un travail d’équipe. Mais le réalisateur a la part la plus importante sur le résultat.

Quels rôles aimerais-tu jouer ou quels rôles aurais-tu aimer jouer ? D’autre part, quel est ton film préféré et pourquoi ?

Patrick : Je regarde avec beaucoup de plaisir  les séries américaines (une française Engrenage). Je trouve que les personnages sont super intéressants, qu’ils évoluent, qu’ils sont complexes, ils sont à la fois sombres et lumineux. La série permet de donner du temps aux personnages pour exister. C’est vraiment ce que j’aimerais faire.

Au théâtre je rêve un jour de jouer Georges Dandin de Molière (et ça depuis toujours).

Mon film préféré c’est Brazil de Terry Gilliam. Ça a été à l’époque une révolution esthétique et narrative. Je l’ai vu 12 fois au cinéma. Récemment je n’ai rien vu de bouleversant. A part les frères Coen qui m’épatent tout de même. Ils dirigent divinement des comédiens à contre emploi et les rendent incroyables. Leur cinéma est inclassable quelque part entre la super production et le cinéma indépendant. Sinon la production de films pour enfants est de très bonne qualité mais le reste… Je crois que la création n’est plus au cinéma mais à la télévision (mais trop peu en France).

Tu as mis en scène plusieurs pièces de théâtre ; de fait, est-ce que tu n’es pas tenté par la réalisation de films ? Un Kino par exemple ?

Patrick : Non, je ne suis pas un réalisateur. Je n’ai pas ce talent là. J’admire vraiment les réalisateurs. J’ai du plaisir à jouer. Je sais ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas dans le jeu mais après, la narration par l’image, c’est vraiment une autre histoire. Je n’ai pas d’idées, je n’ai rien à apporter dans ce domaine.

Quelques mots sur tes projets à venir ?

Patrick : J’ai des propositions mais rien de planifié, rien de concret pour l’instant.

Et dis-moi, ça fait quoi d’être l’acteur incontournable de Bordeaux ?

C’est très gentil de me poser la question comme ça… Mais je sais que je ne suis pas incontournable. J’ai l’immense privilège de travailler avec des gens dont j’avais vu et aimé les films précédents. C’est très agréable d’être choisi pour interpréter ce que quelqu’un a dans sa tête.  J’ai la chance que les films dans lesquels je participe plaisent. Je vais essayer de faire en sorte que ça continue, de beaucoup travailler et de surprendre.

En dehors de la comédie, qu’est-ce que tu aimes ?

Patrick : J’aime lire, sortir et notamment voir des spectacles vivants (théâtre, danse, cirque, concert…) être avec les gens que j’aime, aller au pays basque le plus souvent possible, aller au cinéma, regarder des séries télé. (Game of thrones, Dexter, Walking Dead…)

Et la question que nous posons à tout le monde : as-tu des héros ou des gens qui t’inspirent en général ?

Patrick : Je ne sais pas vraiment comment vient l’inspiration. Pour ma part ça ne vient plus de personne en particulier mais ça l’a été pendant un moment.

Lorsque j’ai un texte je me pose la question de savoir quels sont les motivations profondes  des actions ou des paroles de mon personnage, je me raconte son histoire, pourquoi il dit ça et pas autre chose, ce qu’il ne dit pas et pourquoi…C’est aussi l’échange avec le scénariste ou le réalisateur. Le personnage se dessine peu a peu et il prend de l’épaisseur. Après c’est l’inconscient, l’accumulation d’observation et d’expérience personnelles…

Un coup de gueule ?

Patrick : Non pas de coup de gueule. J’estime que j’ai beaucoup de chance et j’ai très envie que ça continue.

Merci Patrick ! Nous publions tes réponses in extenso, et espérons te retrouver prochainement pour un tournage avec nous !  (le blog de Patrick : http://www.blog.patrickvolto.com/)

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